Pour tous
Les adaptations
Chaque élève doit pouvoir montrer ce qu’il sait écrire. Une adaptation change la façon de répondre ou le temps accordé, jamais les mots demandés ni l’orthographe attendue.
Les principes
- Toute adaptation est ouverte à tout élève qui en a besoin, avec ou sans PAP, PPS, PPRE ou PAI, et sans attendre un diagnostic.
- Les adaptations prévues par un PAP ou un PPS s’appliquent d’office.
- L’enseignant propose l’adaptation avec l’élève et sa famille et, si possible, avec les professionnels qui le suivent : orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, enseignant spécialisé, médecin scolaire. La direction la valide.
- Elle est essayée pendant les rituels, plusieurs semaines avant la sélection : le jour de la finale, l’élève retrouve ce qu’il connaît.
- La correction ne change pas : un point par mot entièrement juste. L’adaptation ne montre jamais le mot écrit.
- La sélection et les finales restent une possibilité, jamais une obligation : un élève peut s’entraîner sans concourir.
- L’AESH peut accompagner l’élève à l’entraînement et aux finales, pour l’installation et le matériel, sans souffler de réponse ni faire partie du jury.
- Le jury, et le comité si la finale de la ville a lieu, reçoivent seulement l’adaptation à prévoir, jamais le trouble ni le plan de l’élève.
Partir des besoins observés
Deux élèves qui ont le même trouble n’ont pas toujours besoin de la même adaptation. On part donc de ce que l’on observe en classe, et on combine les lignes qui conviennent.
| Si l’élève a du mal à… | On peut… |
|---|---|
| Lire la liste et les cartes | Liste « aérée » : lettres et lignes plus espacées, caractères plus grands, moins de mots par page (version prête à imprimer). Liste agrandie en A3. Mots et phrases lus à voix haute par un adulte ou un camarade. |
| Écrire à la main | À partir du CM, flashcards imprimées au lieu de cartes recopiées. Pour les épreuves écrites : lettres mobiles, clavier sans correcteur ni prédiction, ou dictée à l’adulte, lettre par lettre ; feuille à grands interlignes ; temps majoré. |
| Épeler à voix haute | Épellation écrite, sur ardoise ou lettre par lettre, dans toutes les catégories. Temps doublé. Pas de limite de silence pendant l’épellation. |
| Entendre le mot et la phrase | Prononceur face à l’élève, visage éclairé et visible. Micro, et système d’aide auditive de l’élève s’il en a un. Codeur en LPC ou interprète en LSF. Phrase à trou montrée par écrit, image du mot. |
| Comprendre la consigne et le sens des mots | Consignes courtes, montrées en même temps que dites. Image du mot, geste, lexique bilingue. Règles expliquées avant la finale avec l’affiche « Pendant une finale » et le déroulé en images. |
| Rester attentif et attendre son tour | Passage parmi les premiers de chaque manche. Attente courte. Droit de bouger sur le banc ou de tenir un objet. Pauses courtes, avec temps compensatoire, aux épreuves écrites. |
| Gérer le stress, le bruit, le regard des autres | Visite de la salle et répétition avant la finale. Adulte de confiance à proximité. Casque anti-bruit. Applaudissements silencieux (mains agitées) pour toute la salle. Passage en petit comité à l’étape de l’école. |
| Voir | Listes et cartes en gros caractères, à fort contraste, ou en braille. Lettres tactiles. Place choisie, bonne lumière. |
| Se déplacer, manipuler | Salle et scène accessibles. Le jury vient à l’élève. Réponse orale, lettres mobiles, ardoise ou clavier, au choix de l’élève. |
| Retenir beaucoup de mots | Moins de nouveaux mots par rituel, avec autant de révisions. Carnet d’étoiles sur une liste personnelle choisie avec l’enseignant : mêmes paliers, mêmes diplômes. Pour un élève d’ULIS, corpus d’une catégorie inférieure. |
La liste aérée de chaque catégorie est sur la page Documents.
Repères par profil
Ces repères s’appuient sur les recommandations de la Haute Autorité de santé, de l’Éducation nationale et des associations spécialisées (voir les sources). Ils aident à choisir ; ils ne remplacent pas ce que l’on sait de l’élève.
Dyslexie, dysorthographie
Ce qui peut gêner : déchiffrer la liste, retenir l’ordre des lettres, nommer les lettres à l’oral ; fatigue rapide.
Ce qui aide :
- Liste aérée : un espacement élargi des lettres accélère la lecture et réduit les erreurs des enfants dyslexiques.
- Police sans empattement et sans italique, comme sur tous les documents de La Cédille.
- Moins de mots à la fois, avec les mêmes révisions espacées ; le piège expliqué par les sons et par les mots de la même famille.
- Aux finales : épellation écrite et temps doublé ; carnet d’étoiles sur une liste personnelle.
À éviter : les polices dites « pour dyslexiques », qui n’ont pas montré de bénéfice ; la copie répétée du mot, qui fait moins retenir que l’écriture de mémoire.
Dysgraphie, trouble développemental de la coordination (dyspraxie)
Ce qui peut gêner : écrire à la main : lenteur, fatigue, lettres difficiles à lire ; fabriquer ses propres cartes.
Ce qui aide :
- Flashcards imprimées au lieu de cartes recopiées, à partir du CM.
- Aux épreuves écrites : lettres mobiles, clavier sans correcteur ni prédiction, ou dictée à l’adulte lettre par lettre.
- Feuilles agrandies, grands interlignes ; temps majoré.
À éviter : imposer l’écriture à la main aux épreuves écrites, où une lettre illisible compte comme fausse.
Trouble développemental du langage (anciennement dysphasie)
Ce qui peut gêner : comprendre la phrase et les consignes orales ; parler sous la pression du temps.
Ce qui aide :
- Phrase d’exemple montrée par écrit, image du mot.
- Consignes courtes, reformulées, avec le déroulé de la finale en images ; vérifier avant la finale que les règles sont comprises.
- Épellation écrite possible ; temps doublé.
Bégaiement
Ce qui peut gêner : commencer à parler, surtout sous le regard d’un public et sous la pression du temps.
Ce qui aide :
- Pas de limite de temps pour commencer, ni de limite de silence pendant l’épellation.
- Lui demander avant la finale s’il préfère épeler à l’oral ou par écrit.
- Le regarder, attendre, montrer qu’on l’écoute ; lui dire que seules les lettres comptent, pas la fluidité.
À éviter : finir à sa place, ou dire « respire », « calme-toi », « prends ton temps ».
TDAH
Ce qui peut gêner : attendre son tour, rester attentif pendant les manches, freiner l’envie de répondre trop vite.
Ce qui aide :
- Passage parmi les premiers de chaque manche ; attente courte.
- Droit de bouger sur le banc ou de tenir un objet.
- Aux épreuves écrites, des pauses courtes avec temps compensatoire plutôt qu’un temps majoré systématique.
- Rappeler qu’il peut demander qu’on répète le mot avant de commencer.
Trouble du spectre de l’autisme
Ce qui peut gêner : imprévus, bruit, lumière, foule, applaudissements ; règles implicites ; regard des autres.
Ce qui aide :
- Déroulé annoncé à l’avance avec des images ; visite de la salle et répétition ; place fixe.
- Casque anti-bruit ; applaudissements silencieux pour toute la salle.
- Consignes explicites et littérales ; adulte de confiance à proximité ; petit comité à l’étape de l’école.
À éviter : exiger le regard ; changer le programme sans prévenir.
Mutisme sélectif, anxiété de performance
Ce qui peut gêner : parler devant un public ou devant des adultes inconnus.
Ce qui aide :
- Participation par écrit, à l’ardoise ou lettre par lettre, ou en petit comité.
- Adulte de confiance présent ; visite de la salle ; passage parmi les premiers.
- Choisir de s’entraîner sans concourir.
À éviter : insister pour obtenir une réponse orale.
Surdité, déficience auditive
Ce qui peut gêner : entendre le mot et la phrase, surtout dans une salle bruyante.
Ce qui aide :
- Prononceur face à l’élève, visage éclairé, sans main devant la bouche ; micro, et système d’aide auditive de l’élève s’il en a un.
- Codeur en LPC ou interprète en LSF.
- Phrase à trou montrée par écrit, image du mot ; épellation avec l’alphabet de la LSF acceptée.
Malvoyance, cécité
Ce qui peut gêner : lire la liste, les cartes et les feuilles d’épreuve.
Ce qui aide :
- Listes et cartes en gros caractères, à fort contraste, ou en braille ; lettres tactiles.
- Sélection en braille ou à l’oral ; l’épreuve orale se passe sans autre adaptation.
Handicap moteur
Ce qui peut gêner : accéder à la scène, écrire, manipuler.
Ce qui aide :
- Salle et scène accessibles ; le jury vient à l’élève.
- Réponse orale, lettres mobiles, ardoise ou clavier ; temps majoré si la fatigue l’exige.
Trouble du développement intellectuel, élèves d’ULIS
Ce qui peut gêner : retenir une liste longue ; comprendre des mots abstraits.
Ce qui aide :
- Entraînement sur le corpus d’une catégorie inférieure, choisi avec le coordonnateur, avec les mêmes paliers et les mêmes diplômes.
- Moins de mots à la fois, plus de révisions, une image pour chaque mot quand c’est possible.
- Participation dans la catégorie de sa classe de référence.
Élèves allophones (UPE2A)
Ce qui peut gêner : comprendre le sens des mots ; le nom des lettres en français, différent de celui de sa langue.
Ce qui aide :
- Le sens d’abord : image, geste, lexique bilingue.
- Révision du nom des lettres en français ; phrase lue plus lentement.
- Libre choix de concourir ou de s’entraîner seulement.
Maladie chronique (PAI)
Ce qui peut gêner : fatigue, traitement, besoins de santé pendant la finale.
Ce qui aide :
- Le PAI s’applique : pauses, boisson, collation, traitement.
- Passage adapté à la fatigue de l’élève.
Une adaptation sur mesure
Aucune liste n’est complète. Une adaptation qui n’apparaît pas ici peut être proposée pour un élève, si elle respecte trois conditions :
- les mots demandés et la correction restent les mêmes que pour les autres élèves ;
- elle ne donne pas l’orthographe du mot ;
- elle a été essayée en classe avant la sélection.
L’enseignant la note sur une fiche, la fait valider par la direction, et la direction la signale au président du jury.
| Rubrique | À remplir |
|---|---|
| Élève | Prénom, classe, catégorie |
| Ce que l’on observe | Le besoin, décrit sans diagnostic |
| Adaptation retenue | |
| Essayée en classe | Depuis le … |
| Avis de l’élève | |
| Validée par | La direction, le … |
| Signalée au président du jury | Le … |
Le jour de la finale
- Le président du jury reçoit avant la finale l’adaptation de chaque finaliste et la rappelle au jury avant le passage de l’élève, sans l’annoncer au public.
- Le matériel est prêt avant le début : ardoises, lettres mobiles, casque anti-bruit, clavier si besoin.
- Le jury juge les lettres, jamais la voix, la fluidité ou l’écriture.
- Pendant la répétition générale, le jury s’exerce au moins une fois avec une adaptation.
Sources
- Haute Autorité de santé, Troubles « dys » : comment mieux organiser le parcours de santé ?, janvier 2018.
- Haute Autorité de santé, Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents, juillet 2024.
- Association Parole Bégaiement, dépliant pour les enseignants de l’école primaire.
- Éduscol, Enseigner à des jeunes sourds.
- Zorzi et al., Extra-large letter spacing improves reading in dyslexia, PNAS, 2012 : 94 enfants dyslexiques italiens et français de 8 à 14 ans.
- Wery et Diliberto, The effect of a specialized dyslexia font, OpenDyslexic, on reading rate and accuracy, Annals of Dyslexia, 2017.
- Réseau Canopé, plateforme Cap école inclusive, accessible avec une adresse académique : grilles d’observation des besoins et fiches d’adaptation.